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Finance

Réforme de la plus-value immobilière 2026 : ne confondez pas vote du Sénat et impôt à payer

Apolline Duvivier-Rochefort 8 min de lecture
Réforme plus value immobilière 2026 : vote Sénat vs impôt à payer

Publié par : — Rédactrice spécialisée en finance

Un vote parlementaire ne suffit pas à modifier l’impôt sur votre vente. Pour comprendre la réforme de la plus-value immobilière en 2026, il faut distinguer les mesures proposées du régime effectivement applicable à la date de l’acte authentique. L’exonération de la résidence principale reste le premier point à examiner ; pour les autres biens, le calcul dépend notamment des frais, des travaux et de la durée de détention.

Réforme annoncée et loi applicable : deux choses différentes

La refonte présentée par PAP à propos du texte sénatorial prévoit une suppression des abattements pour durée de détention, remplacés par un coefficient d’érosion monétaire. L’objectif serait de tenir compte de l’inflation dans le prix d’acquisition plutôt que d’alléger progressivement l’impôt selon les années de propriété.

Simulation indicative de plus-value immobilière

Estimez les bases imposables et les prélèvements à partir des montants saisis. Les résultats sont donnés à titre indicatif.

Prix et frais

Saisissez un nombre entier d’années révolues.
Ils sont déduits du prix de cession pour la simulation.

Travaux et caractéristiques du bien

Le forfait est proposé uniquement si le bien est bâti et détenu depuis plus de cinq ans.

Résultats estimatifs

Prix de cession corrigé
Prix d’acquisition majoré
Plus-value brute
Base imposable à l’impôt sur le revenu
Impôt sur le revenu estimé (19 %)
Base imposable aux prélèvements sociaux
Prélèvements sociaux estimés (17,2 %)
Total estimé

Mais une mesure adoptée au Sénat peut être modifiée ou supprimée pendant la navette parlementaire. Un amendement à l’Assemblée nationale, notamment celui évoquant une exonération après 17 ans, ne constitue pas davantage une règle applicable à lui seul. La version promulguée et ses dispositions d’entrée en vigueur sont déterminantes.

Point examinéRégime de référence des particuliersProposition sénatoriale présentée par PAP
Durée de détentionAbattements, puis exonération à 22 et 30 ansSuppression des abattements et correction liée à l’inflation
Taux19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux9 % d’impôt et 6 % de prélèvements sociaux
Revente dans les deux ansRègles ordinaires, sauf régime particulierTaxation spécifique évoquée autour de 30 %
CalendrierRègles à vérifier pour la date de cessionEntrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2027

Ces propositions ne permettent donc pas, à elles seules, d’affirmer qu’un nouveau taux s’applique en 2026. Avant de signer, faites confirmer par le notaire la rédaction du Code général des impôts en vigueur et les éventuelles mesures transitoires. Une date annoncée pour 2027 n’est pas une garantie d’application.

Les taux et abattements à comprendre avant toute simulation

Dans le régime de référence des plus-values immobilières des particuliers, l’impôt sur le revenu est de 19 % et les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit 36,2 % avant abattements et surtaxe éventuelle. Ce total ne s’applique pas nécessairement à toute la plus-value brute : les deux prélèvements ont des assiettes distinctes après abattement.

Infographie réforme plus value immobilière 2026 : régime applicable et mesures proposées
Infographie réforme plus value immobilière 2026 : régime applicable et mesures proposées
Années de détention révoluesAbattement annuel pour l’impôtAbattement annuel pour les prélèvements sociaux
Jusqu’à 5 ansAucunAucun
De la 6e à la 21e année6 %1,65 %
22e année4 %1,60 %
De la 23e à la 30e annéeExonération acquise9 %

L’exonération est donc totale après 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux. On compte les années révolues, et non simplement la différence entre deux années civiles : quelques jours autour de la date anniversaire peuvent modifier le résultat.

Une surtaxe de 2 % à 6 %, avec mécanismes de lissage, peut s’ajouter lorsque la plus-value nette imposable à l’impôt sur le revenu dépasse 50 000 €. Elle ne concerne pas indistinctement toutes les ventes : les terrains à bâtir en sont notamment exclus. En présence de plusieurs vendeurs, son seuil doit être apprécié selon les règles propres aux cédants et à la détention.

Du prix de vente à la plus-value réellement taxable

Corriger les deux prix avant d’appliquer les abattements

La formule est simple : plus-value brute = prix de cession corrigé − prix d’acquisition majoré. Le prix de vente peut être diminué de certains frais supportés et justifiés par le vendeur, notamment des frais d’agence lorsqu’ils lui incombent ou des diagnostics obligatoires admissibles.

Pour un achat à titre onéreux, les frais d’acquisition peuvent être retenus pour leur montant réel ou selon un forfait de 7,5 % du prix d’achat. Les travaux admissibles peuvent majorer ce prix sur factures d’entreprises, sous conditions, ou selon un forfait de 15 % pour un immeuble bâti détenu depuis plus de cinq ans.

Au réel, les dépenses d’entretien courant, votre propre travail et les matériaux posés vous-même ne sont pas assimilables à des travaux d’entreprise éligibles. Les dépenses déjà prises en compte fiscalement doivent également être examinées pour éviter une double déduction. Le forfait travaux obéit à ses propres conditions : comparez les deux méthodes avec le notaire.

Un exemple avec 16 années révolues de détention

Pour un achat de 350 000 €, le forfait d’acquisition représente 26 250 € et le forfait travaux 52 500 €, soit un prix majoré de 428 750 €. Une vente à 600 000 €, diminuée de 8 000 € de frais admissibles, donne un prix corrigé de 592 000 €. La plus-value brute atteint donc 163 250 €.

Avec 16 années révolues, l’abattement est de 66 % pour l’impôt et de 18,15 % pour les prélèvements sociaux. Les bases deviennent respectivement 55 505 € et 133 620,125 €, soit environ 10 546 € d’impôt et 22 983 € de prélèvements sociaux, avant surtaxe et arrondis déclaratifs. Cette simulation suppose un bien relevant du régime ordinaire, sans exonération ni correction particulière.

Le type de bien peut changer entièrement le résultat

La résidence principale habituelle et effective bénéficie en principe d’une exonération totale. Une occupation de façade avant la vente ne suffit pas. Après un déménagement, l’exonération peut subsister si les conditions sont réunies, notamment une mise en vente réelle, un délai normal de cession et l’absence de location intermédiaire. Le délai souvent évoqué d’un an n’est pas une garantie automatique.

Résidence secondaire et location nue relèvent généralement du calcul avec abattements. D’autres exonérations existent : cession d’un montant inférieur ou égal à 15 000 €, situations de retraités ou de personnes invalides sous conditions, ou première cession d’un logement autre que la résidence principale. Pour cette dernière, il faut notamment ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale pendant les quatre années précédentes et réemployer le prix dans les 24 mois, selon les conditions légales.

  • LMNP : les amortissements déduits peuvent devoir être réintégrés dans le calcul, sous réserve des exceptions légales.
  • SCI à l’IR : le régime des particuliers s’applique généralement aux associés personnes physiques concernés.
  • SCI à l’IS : la plus-value suit un régime différent, fondé notamment sur la valeur nette comptable ; les exonérations de durée des particuliers ne se transposent pas.
  • Terrain, succession, donation ou non-résident : les règles de valeur d’acquisition, d’exonération et de prélèvements nécessitent un calcul adapté.

Vendre en 2026 ou attendre : comparer le net, pas seulement l’impôt

Demandez deux simulations : une vente à la date envisagée et une vente après le prochain anniversaire de détention. Comparez l’économie fiscale avec la taxe foncière, les charges, les intérêts, les travaux et une éventuelle variation du prix. Attendre une réforme hypothétique n’est pas une stratégie chiffrée.

Prenez aussi le pouls de votre trésorerie : combien coûte chaque mois d’attente et combien de temps pouvez-vous conserver le bien sans fragiliser votre prochain achat ? Une baisse d’impôt peut masquer une perte de liquidité. Le bon indicateur est le montant réellement disponible après impôt, frais de portage et remboursement du crédit.

Transmettez au notaire l’acte d’acquisition, les factures, les frais de vente, les justificatifs d’occupation et, pour une location meublée, les éléments d’amortissement. Il calcule, prélève et reverse généralement l’impôt lors de la vente. Une mention dans votre déclaration annuelle de revenus peut rester nécessaire : faites préciser cette obligation et demandez un décompte fiscal écrit avant l’acte définitif.

Apolline Duvivier-Rochefort
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